Une larme.
Eau cristalline, prenant dOucement naissance
Au creux d'un iris bleu ciel, et d'un champ de cils,
Une larme naît.
Petite bille Opaline, reflet d'un esprit tOurmenté
Elle cOmmence sa vie.
Hésitant encOre à quitter l'Oeil maternel,
Elle résiste, cherche à s'y accrOcher
Afin de grappiller encOre quelques brins de tristesse
Seule nOurriture dOnt elle a besOin pOur grandir
Mais déjà la petite graine se fait fruit mûr
Et il est temps pOur elle d'entamer sa lOngue descente
Belle sphère nacrée, elle prend sOn envOl
Sur la dOuce pente de l'aile d'un nez
Elle danse.
Libre cOmme l'air, elle prend sOn temps,
Zigzaguant au bOn plaisir
De la peau qu'elle parcOurt,
Elle danse.
Disséminant derrière elle
Une fine traînée argentée,
SOuvenir de tOute la tristesse qu'elle cOntient.
Elle cOntinue sOn parcOurs, tOujOurs plus grande, tOujOurs plus vite.
SOudain, elle s'arrête.
Devant elle, le vide.
La petite larme s'allOnge, s'agrandit, désireuse de savOir ce qui se trOuve au delà
Elle pend dangereusement du visage qui l'a si lOngtemps bercée
Aux frOntières des mOndes, elle attend,
Fruit mur qui a juste besOin qu'On le cueille.
Mais déjà, l'OccasiOn est passée
Ce beau fruit aux cOuleurs nacrées
COmmence à s'alOurdir, à s'allOnger,
Puis à lâcher prise.
TOmbant dans le vide, sans rien à quOi s'accrOcher,
Cette petite sphère transparente
A bien vite trOuvé nOuveau suppOrt
Sur lequel venir s'écraser
Disséminant ainsi les derniers sOupçOns de tristesse
Qu'elle avait si patiemment récOltés.
Une main, impatiente, essuie dOucement le cadavre d'une larme.
Elle pleure.